Aujourd’hui, le métier de distillateur est peu encadré légalement. Il est possible d’instaurer une distillerie sans alambic, en travaillant des macérations sur des eaux-de-vie par exemple. Tout comme il est possible de décréter un spiritueux “local” dès lors qu’il a été embouteillé sur le territoire désigné.
Quentin Sicard, lui, a souhaité redonner leurs lettres de noblesse aux termes de distillateur et de spiritueux français. En fondant sa propre distillerie artisanale dans le Puy-de-Dôme. Et en créant des spiritueux auvergnats éthiques, respectueux de leurs origines et du consommateur. Il souhaiterait même aller plus loin, en devenant paysan distillateur et en cultivant sa matière brute pour produire des spiritueux de la terre au verre.
« Il y avait beaucoup de distilleries (en Auvergne) au début du 20ᵉ siècle, des alambics ambulants comme des fixes. Le distillateur était aussi liquoriste, utilisant les fruits locaux dans les nombreux vergers, plusieurs filières travaillaient en lien ». L’idéal de Quentin serait de redonner vie à toute cette filière locale.

@ Distillerie volcanique
Son projet a commencé à se concrétiser en 2021. Mais il songe à distiller des spiritueux dans son Auvergne natale depuis bien plus longtemps. Œnologue et ingénieur agroalimentaire diplômé à Toulouse, il se familiarise avec les spiritueux durant ses premières années dans le monde du travail, notamment à Cognac. Puis, en 2021, il se lance dans sa grande idée : implanter une distillerie artisanale dans le Puy-de-Dôme, où il est né. Il y crée sa marque historique : la Distillerie des Scories.
Un dessein qui vise à valoriser plus d’un savoir-faire artisanal. Et pour commencer, Quentin fait appel à Alain Lagorsse, MOF en chaudronnerie et dinanderie, pour réaliser sur mesure l’alambic en cuivre qui lui convient. Un projet qui lui permet de distiller ses spiritueux dans les règles de l’art. La distillerie a aussi vocation à être ancrée dans son territoire : À Brassac-les-Mines, il loue à la mairie une partie d’un ancien bâtiment minier, revalorisant ainsi le patrimoine de la région.
Au-delà de son attachement affectif pour son Auvergne natale, ce passionné a vu un intérêt pratique et écologique à y produire des spiritueux. Grâce aux volcans et à leur filtration de l’eau. Et c’est de là que l’entreprise tire son nom historique : la Distillerie des Scories. Les scories, ce sont des pierres volcaniques qui se forment à partir de lave refroidie. Ces dernières retiennent les minéraux de l’eau qui coule dans la région. Pas besoin donc de la re-traiter, elle est naturellement déminéralisée. Quentin l’utilise telle quelle dans la phase de fermentation, pour le brassage dans la production des malts, mais aussi pour la réduction de l’eau-de-vie à sa sortie d’alambic.
Aujourd’hui, la marque historique de la Distillerie des Scories demeure, mais deux autres marques ont été créées pour scinder les produits selon leur catégorie, sans duper le consommateur. Sous la bannière de la désormais Distillerie Volcanique, on retrouve donc :
- Encore et toujours la Distillerie des Scories et ses spiritueux premiums.
- La Liquoristerie volcanique, qui, comme son nom l’indique, regroupe les liqueurs produites à la distillerie.
- Enfin, une nouvelle marque plus accessible au grand public : Eruption, dans laquelle on retrouve notamment une vodka, un gin et une liqueur de verveine.

@ Distillerie volcanique
Quentin est membre du Collège Culinaire de France ainsi que du Tour des Terroirs, de l’Union de la Sommellerie Française et partenaire des Toques d’Auvergne. Son gin l’ORIginEL, de la Distillerie des Scories, a remporté plusieurs médailles. Notamment la médaille de bronze à l’International Wine & Spirits Competition en 2023, et la médaille d’argent au Concours Général Agricole de Paris 2025. Son pur malt, quant à lui a obtenu une double médaille d’or en 2024 au Paris International Trophy et au Concours National de Paris. C’est de bon augure pour le futur whisky de la Distillerie des Scories, qui devrait voir le jour à la fin de cette année 2025 après ses trois ans de vieillissement réglementaires.
Derrière cette production, on retrouve un véritable acharné de travail, qui vit auprès de son alambic pour nous offrir le meilleur des eaux-de-vie auvergnates. Rien que pour produire les 5000 bouteilles par an de la Distillerie des Sories, ce ne sont pas moins de 5 mois de brassages, fermentations, macérations et distillations qui s’enchaînent 7 jours sur 7. C’est la réalité d’une distillerie artisanale où toutes les étapes sont réalisées sur place.

@ Distillerie volcanique / Lea Gil
Et les ambitions de Quentin ne s’arrêtent pas là. S’il doit aujourd’hui faire appel à des cueilleurs ou sourcer ses ingrédients auprès de producteurs les plus locaux possible pour réaliser ses recettes, il rêve de pouvoir un jour cultiver sa propre matière première, à proximité de sa distillerie. Toujours dans cette recherche sur la matière brute, il travaille depuis quelques années avec la chambre d’agriculture, l’INRA et des agriculteurs partenaires sur des essais de culture d’orge à whisky, en bio et local. Affaire à suivre…
Pour les épicuriens curieux qui souhaitent découvrir des produits authentiques réalisés en toute transparence, la Distillerie Volcanique continue vaillamment son bonhomme de chemin auvergnat.

@ Distillerie volcanique



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