Un « whisky » à 20%. L’annonce fait lever un sourcil, et c’est un peu le but.
La Maison Bellevoye profite du début 2026 pour enrichir sa gamme d’une référence qui sort du cadre habituel du whisky : 20% d’alcool contre 40% en général pour la catégorie. Et 40%, c’est précisément le seuil en dessous duquel la réglementation européenne ne permet plus d’employer le mot « whisky », le Bellevoye 20° est donc officiellement une boisson spiritueuse à base de whisky. La démarche s’inscrit dans la tendance dite « no-low » (sans alcool ou à teneur réduite), très présente dans la bière, le vin et les spiritueux depuis trois ou quatre ans. Mais là où beaucoup d’acteurs retirent l’alcool après distillation, par désalcoolisation sous vide ou par osmose inverse, Bellevoye revendique une autre voie : un procédé par infusion qui permettrait d’atteindre 20% directement, sans dilution ni retrait ultérieur. Si la méthode reste tenue secrète par la Maison il semblerait que cette nouvelle référence soit le fruit de l’assemblage de Bellevoye Bleu et d’un hydrolat de céréales (orge, seigle, sarrasin et épeautre) cultivés non loin de la distillerie Bercloux.

@ Bellevoye
Petit rappel pour ceux qui auraient manqué l’épisode. Bellevoye, c’est la marque lancée en 2015 par Les Bienheureux, société fondée en 2014 par Jean Moueix et Alexandre Sirech. Le pari de départ : assembler trois single malts français pour créer un triple malt. Un charentais (Bercloux), un alsacien (Hepp), un alpin (Vercors). En une dizaine d’années, la marque s’est installée comme première en valeur sur le segment du whisky français, est référencée dans 53 marchés, et figure dans la sélection des spiritueux servis à l’Élysée comme en classes Affaires et Première d’Air France.
Le 20° est positionné comme une rupture dans ce paysage. Olivier Dumont, maître de chais de la maison, résume l’intention : « Bellevoye 20° a toutes les caractéristiques d’un grand whisky sans les effets négatifs de l’alcool tout en privilégiant la céréale qui est la matière première. »

@ Bellevoye
L’argumentaire insiste sur deux chiffres : deux fois moins de calories qu’un whisky classique, et un bilan carbone présenté par la Maison comme inégalé sur la catégorie. Reste l’intention, qu’Alexandre Sirech formule ainsi : « Convaincus que le secteur des boissons alcoolisées doit se réinventer pour survivre, nous avons imaginé ce grand whisky avec deux fois moins d’alcool, sans sucre et un bilan carbone inégalé. Personnellement, je le bois à l’apéritif dans un verre à vin avec un glaçon et un zeste d’orange. » L’image dit tout. On sort le whisky de son registre de digestif solennel pour le remettre sur la table à l’heure de l’apéro.
Côté dégustation, le nez surprend par son côté très céréalier, presque rassurant : on retrouve les marqueurs du whisky, bien là, bien nets, comme si les 20% n’avaient rien sacrifié. La bouche est aérienne, logiquement, mais pas creuse pour autant, il y a de jolies nuances qui traînent, une texture qui tient. Assez bluffant, pour être honnête.
Le Bellevoye 20° est disponible chez les cavistes, à 34,90 € les 70 cl. Il rejoint une gamme déjà composée de sept références (Bleu, Blanc, Rouge, Orange, Noir, Prune, Vert), chacune avec son finish propre.

@ Bellevoye


