Connaissez-vous vraiment la bergamote ? On a tous respiré son parfum dans une tasse d’Earl Grey. Mais l’avoir goûtée, en vrai, c’est une autre histoire. C’est pourtant sur ce petit agrume de Calabre qu’Italicus a bâti sa réputation. Et cette année, la marque souffle ses dix bougies avec DECIMO, une bouteille anniversaire tirée à 10 000 exemplaires dans le monde.
Pour comprendre ce qui se cache derrière le flacon bleu qu’on croise désormais dans tant de bars, on a posé nos questions à Hélène Racon, Senior Brand Manager Spritz chez Pernod Ricard France.

Le Rosolio, l’apéritif oublié des cours italiennes
Tout commence en 2016. Un bartender italien a une idée un peu folle : ressusciter le Rosolio, une liqueur tombée dans l’oubli que l’on surnommait autrefois « l’Aperitivo di Corte ». Elle se servait dans les cours royales italiennes, à l’heure où l’on ouvre l’appétit. Puis elle a disparu des comptoirs, éclipsée par les amers rouges et orange que tout le monde connaît.
Italicus en propose une version moderne. La recette réunit de la bergamote de Calabre, du cédrat de Sicile (un gros agrume à la peau épaisse, cousin du citron) et une poignée de plantes italiennes : camomille romaine, lavande, rose jaune et gentiane. Le tout titre 20%. Résultat : un apéritif à la fois zesté, floral et légèrement amer. Rien à voir avec un sirop.
Et puis il y a cette bouteille. Bleu aigue-marine, inspirée des colonnes romaines, couverte de détails très italiens. « Elle est devenue un repère visuel dans les bars », raconte Hélène Racon. « Son bleu aigue-marine, sa forme inspirée des colonnes romaines et son décor très italien la rendent immédiatement identifiable en back bar, sans avoir besoin de lire l’étiquette. » Le back bar, c’est l’étagère derrière le comptoir où trônent les bouteilles. Et sur celle-ci, Italicus ne passe pas inaperçu !

Pourquoi les bartenders l’ont adopté
Le joli flacon ne suffit pas à expliquer le succès. Ce qui a séduit les barmen, c’est surtout sa souplesse. « Italicus peut s’exprimer dans un service simple, comme un spritz, tout en ayant suffisamment de caractère pour s’intégrer à de grands classiques comme la Margarita, le Cosmopolitan ou le Negroni », explique Hélène Racon. Selon la recette, il peut même remplacer une liqueur de fruits, un vermouth ou un amaro (ces liqueurs amères italiennes que l’on boit volontiers après le repas).
Une sorte de couteau suisse à l’italienne, en somme.
Reste la star de la recette : la bergamote. Qu’apporte-t-elle que le citron ou l’orange ne savent pas faire ? « Une fraîcheur très identifiable, à la fois zestée, florale et légèrement amère », répond Hélène Racon. Elle s’amuse d’ailleurs du flou qui entoure ce fruit. « Tout le monde ou presque connaît le mot « bergamote », notamment grâce au thé Earl Grey, mais peu de gens savent réellement à quoi ressemble le fruit ou ont eu l’occasion de le goûter. Certains pensent même qu’il s’agit d’une plante ou d’une racine. » Pas une racine, donc. Un vrai agrume, bosselé, d’un vert tirant sur le jaune, qui pousse surtout en Calabre, à la pointe de la botte italienne.
Du secret de bartenders aux rayons de Monoprix
En 2020, Pernod Ricard entre au capital de la marque. Pourquoi ce choix ? Hélène Racon parle d’un « alignement parfait entre trois éléments » : un liquide de qualité entièrement fabriqué en Italie, une catégorie en plein boom et une identité de marque très forte. Le Spritz, notamment, ne cesse de grimper : selon elle, c’est la catégorie de spiritueux qui progresse le plus en valeur dans les bars et restaurants, avec une hausse de 7% à fin juin.
Le moment de bascule ? La vague Spritz y est pour beaucoup. « Elle a ouvert de nouveaux espaces de visibilité dans les bars et permis à Italicus de s’installer comme une alternative premium et singulière aux recettes plus traditionnelles à l’orange. » Les goûts ont aussi évolué, vers des profils plus frais et moins amers. Puis la demande s’est installée petit à petit, et pas seulement à Paris : bars, restaurants et cavistes de toute la France ont suivi.
Nouvelle étape depuis le 1er octobre : Italicus débarque chez Monoprix, dans un format inédit de 35 cl. C’est la première fois que la marque entre en grande distribution en France. « Le véritable moment de bascule, c’est peut-être justement cette capacité qu’a eue Italicus à passer progressivement d’une marque confidentielle, connue des bartenders, à une marque qui suscite aujourd’hui une demande plus large », résume Hélène Racon.
DECIMO, une bouteille comme une céramique d’Amalfi
Pour marquer le coup, Italicus a rappelé l’agence Stranger & Stranger, celle-là même qui avait dessiné la bouteille d’origine en 2016. Le décor de DECIMO s’inspire de la côte amalfitaine, de ses céramiques peintes et, bien sûr, de la bergamote. Dix motifs ornent le verre, un pour chaque année écoulée depuis le lancement. Le bleu signature reçoit un traitement spécial, tandis que le bouchon et l’étiquette gardent les codes du flacon historique.

« Cette édition de collection s’inspire de l’art céramique de la Côte Amalfitaine et illustre l’artisanat italien, les racines de la marque et une décennie de design intemporel », explique Cosimo Surace, Group Creative Director chez Stranger & Stranger. On a presque envie d’y faire pousser un citronnier.
DECIMO (70 cl, 20%) est vendue au prix conseillé de 39,90€. Attention, en France, elle est réservée aux bars et restaurants, en quantités limitées. Pour la croiser, il faudra donc ouvrir l’œil au comptoir plutôt qu’en rayon.

L’Italicus Spritz, la recette maison
Et pour la goûter, rien de plus simple. La maison recommande l’Italicus Spritz : une mesure d’Italicus pour deux mesures de Prosecco, servi sur glace. La touche finale ? Trois olives vertes. Oui, des olives ! Leur côté salé répond étonnamment bien aux agrumes.
C’est d’ailleurs ce Spritz que la marque veut imposer dans les années qui viennent. Pas question de multiplier les nouveautés. « Notre ambition est de faire de l’Italicus Spritz l’un des cocktails de référence sur les cartes en CHR », confie Hélène Racon (CHR pour cafés, hôtels, restaurants). « L’enjeu n’est donc pas nécessairement de multiplier les produits, mais plutôt de continuer à construire la notoriété de la marque ». Dix ans après sa renaissance, le vieil apéritif des cours italiennes a donc encore de belles soirées devant lui. Cin cin !


